Texte extrait du Podcast qui lui a été consacré

La chronique de Spin’Dynamic épisode Spécial du 27092024

 

JOSEPH-MARIE O’DRU C’est l’histoire d’une grande aventure de vie

 

Né le 27 septembre 1935,

Joseph-Marie était avant tout, un grand amoureux de la Nature avec un N majuscule.

Il s’est passionné depuis son plus jeune âge, par la contemplation de la faune et de la flore.

Il pouvait ainsi passer des heures, à observer des animaux, des végétaux ou des insectes.

Il apprenait sans cesse de cette observation inspirante, qui a nourrit dans sa première partie de vie, multiples projets d’ inventions dans des domaines très différents…

Joseph-Marie avait toujours une myriades d’idées qui se bousculaient sous son bonnet.

A croire que ses connections synaptiques étaient déjà très frétillantes, dès son plus jeune âge..

 

Je peux dire que mon père était sans le savoir un précurseur en biomimétisme. Cette approche écologique, de bon sens qui consiste à modéliser la nature, est une véritable illustration de la posture et du discours de mon père sur le sujet ; lui qui LA vénérait par-dessus tout, cette Nature, pour son GÉNIE d’innovation et ses facultés d’auto-régénération.

 

Il me disait souvent à ce propos lorsque j’étais petite,

« Regarde, tout existe déjà dans la nature, il suffit juste de l’observer pour puiser les ingrédients des plus grandes découvertes !»

 

 

Enfant, Joseph-Marie était d’un tempérament hyper sensible, il a développé très tôt des perceptions et des prédispositions types, que l’on qualifierai sans nulle doute aujourd’hui de HPE.

 

Pupille de la nation à l’âge de 5 ans, suite au décès de son père, qui s’est volontairement sacrifié au combat en 1940, pour sauver tout son régiment… Joseph Marie s’est imprégné de la personnalité solaire et protectrice de sa mère, Marie-Louise, veuve de guerre et fervente résistante, avec qui il gardera un lien particulièrement fort jusqu’ à la fin de sa vie.

 

Ma super et intrépide grand-mère au cœur de miel, qui m’a élevée et dont je vous ai déjà parlé dans mon épisode genèse, un personnage tout aussi avant-gardiste en matière alimentaire et férue de diététique.

 

Au fil des années, de son vécu et de ses expériences, mon père a nourri l’égale exaltation d’une opiniâtreté et d’un déterminisme à toute épreuve, tout autant qu’une dimension de cœur, et de générosité, particulièrement hypertrophiée.

Mais il est vrai que chez les O’dru les veines d’empathie, d’aide à autrui, et du respect de l’autre étaient particulièrement dilatées, et se sont ainsi transmises sur plusieurs générations.

 

 

C’est à partir de sa pré-adolescence, lors de ses années de pension chez les jésuites, proche de Grenoble, qu’il commença à manifester un élan thérapeutique vis à vis de ses camarades.

Il suffisait en effet que l’un d’entre eux souffre d’un torticolis, d’une brachialgie ou d’un quelconque blocage vertébral, pour qu’il se sente investi du besoin spontané de le délivrer par le biais d’une série de mouvements, aussi instinctifs que surprenants, étant donné qu’il n’avait pu modéliser ces gestes sur aucune autre personne de son entourage.

Ce qui ne manqua pas de laisser perplexe voire effrayé, par autant d’audace, le père médecin d’un de ses camarades.

 

« Ceux qui réussissent apprennent en commençant par la fin »

 

Mon père est l’illustration parfaite de cette CITATION de Wayne Dyer, le célèbre auteur et psychothérapeute.

Il avait le don de prendre les choses à l’envers, il cultivait avec une aisance remarquable l’art du contrecourant, aussi inconcevable que cela puisse être, il était capable de lire un livre en commençant par la fin.

Mon père s’est toujours laissé guidé par ses ressentis et son intuition.

Il avait une sainte préférence pour les routes escarpées et les terrains en friches, plutôt que LES SAGES sentiers battus.

C’était un anticonformiste qui n’a jamais cherché à épouser le moule du conventionnel.

 

Son penchant pour l’humain l’a poussé à débuter des études de médecine auxquelles il mettra un terme, débouté par l’approche allopathique qui, au final, ne correspondait pas à sa conviction profonde du soin.

 

Il suivra ensuite un cursus dans le droit qui le conduit plus tard à devenir dirigeant de société dans le domaine de l’immobilier et de la construction.

Un métier qu’il a exercé avec brio parce qu’il a notamment construit de très belles villas sur l’ouest lyonnais. Mon père a toujours maitrisé la subtilité du droit, et appréciait tout la virtuosité que revêt et réclame son exercice parce qu’il était particulièrement sensible à la Justice, c’était un de ces domaines de compétences favorites, auxquelles s’additionnait des connaissances poussées en matière de bâtiment. Il était capable par exemple de saisir avec une vision d’avantgarde, la valeur d’avenir d’un patrimoine, et ce même quand tous les autres s’y désintéressait

 

Cependant mon père n’a jamais eu la niaque commerciale, IL privilégiait des fondamentaux comme l’engagement, la perfection du travail et l’approche humaine.

Tout ce qui ne fait pas BON MENAGE avec les affaires c’est pourquoi, et malgré ses compétences, il ne craignait pas de faire fortune dans ce métier, même à cette époque !

 

Parallèlement à cet exercice professionnel, Joseph-Marie a continué de s’instruire en matière d’anatomie, et plus spécifiquement au sujet de la colonne vertébrale.

C’est ainsi qu’il S’ENTHOUSIASME très vite, pour les travaux du docteur André De SAMBUCY grand PRÉCURSEUR en médecine vertébrale, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, dont vous trouverez quelques références en commentaires.

 

Ce scientifique éclairé, avait réussi à fusionner les approches orientales et occidentales du soin, et démontrait la souveraineté et le rôle cardinal que jouait la colonne vertébrale dans pléthores de pathologies et de maux quotidiens.

 

Il privilégiait le massage des tissus profonds, qui enserrent la colonne, afin d’apporter le plus de délivrance possible aux articulations vertébrales, et de ce fait au rétablissement de la pleine circulation de l’influx nerveux.

IL avait mis au point une méthodologie en 9 temps, composée d’étirements et d’exercices de rééducation extraits du yoga.

Le docteur De Sambucy ne pratiquait cependant pas de thérapie manuelle hormis le massage, et affichait un vif rejet pour toutes les méthodes de manipulation rotative et brutales sur la colonne de type craking

 

Ces ouvrages ainsi que d’autres datant des années 70 ont fait éclater chez mon père une bombe d’intérêt pour la colonne vertébrale.

 

Je me souviens très bien qu’il avait tapissé sa chambre de posters, illustrant la colonne et toutes ses correspondances. Il lisait beaucoup, avant de s’endormir, et c’était pour lui, une façon d’intégrer plus facilement ces connaissances.

 

La découverte de ces approches ainsi que sa passion pour les arts martiaux, qu’il a également pratiqué plus jeune, se retrouvent à la source de ce jaillissement créatif.

 

Mais faute d’avoir été dans le cerveau de l’inventeur, je ne pourrai pas vous détailler le stimulis exact à l’origine de cette invention, et comment mon père a fait pour articuler ses idées et conceptualiser avec précision la méthode de réalignement vertébral. Mais par contre ce que je peux dire et sur lequel j’insiste c’est qu’il n’a jamais, et en aucun cas copié ou assembler des techniques.

 

Cette méthode de délivrance de la colonne et sa palette gestuelle, lui est propre et unique, elle repose à la fois, et c’est tout le paradoxe, sur une conception globale de l’équilibre rachidien, qui pour l’obtenir, nécessite une précision d’intervention vertèbre par vertèbre, que j’aime comparer à une véritable sculpture vertébrale, et ce, sans aucune manipulation rotative ou brutale.

 

Les balbutiements de cette méthode datent de 1975, C’EST À cette époque qu’il commença à TESTER spontanément, pour rendre service à des personnes en souffrance, de notre entourage, les PREMICES de son invention.

Et très vite, les résultats enthousiasmant l’ont poussé à aller plus loin.

Mais son année de création définitive est plus précisément 1978.

 

Deux évènements choc ont marqué ce grand tournant professionnel dans la vie de Joseph-Marie.

 

Tout d’abord en 78, suite à une double hernie discale, mon père se retrouve totalement immobilisé dans son lit pendant plus de 20 jours.

Cette épreuve très douloureuse, a été pour lui le premier détonateur, qui lui permit de réfléchir aux moyens possibles pour éviter l’opération, qui semblait pourtant l’unique RECOURS, étant donné le degré d’inflammation et le début de déficience motrice dont il souffrait.

 

C’est ainsi, qu’il réussit à résorber ses deux hernies discales, sans aucune intervention chirurgicale, ni même celle d’un autre thérapeute.

 

Alors comment a-t-il fait ? IL avait déjà une vision très nette et précise de toute la mécanique articulaire et de son besoin, alors qu’il n’était pas chirurgien. C’est pourquoi il nous a guidé pour lui faire pratiquer plusieurs exercices d’étirements progressifs, afin d’obtenir une décompression vertébrale propre à faire résorber ses hernies discales.

 

Totalement rétabli, et riche de cette expérience personnelle mon père s’appliqua à développer sa méthode, et mis très vite un terme à sa première carrière pour embrasser à pleins poumons cette nouvelle voie thérapeutique.

 

C’est alors dans un cadre particulièrement traumatique en 1982, que mon père fait la rencontre du professeur Georges Allègre.

Contraint de rapatrier sa sœur aînée en urgence, pour un très grave ANEVRISME cérébral, il avait choisi le service de cet éminent neuro-chirurgien à l’hôpital Neurologique de Bron, pour lui la confier. Malheureusement, et malgré l’intervention du professeur, cet anévrisme quasi inopérable a emporté ma tante, à peine âgée de 50 ans.

 

Ce drame, allait pourtant au final servir de point de départ, à une très grande collaboration, et tisser les premières mailles d’une étroite relation, de confiance, et d’amitié entre les deux hommes.

 

Loin de se contenter de pratiquer dans son coin, mon père a ressenti en effet très rapidement le besoin de se CONFRONTER à un regard scientifique, et de BRAVER la doxa du médical.

 

C’est ainsi qu’après le décès de ma tante, il a saisi l’occasion d’échanger avec le Professeur Allegre, pour lui exposer sa méthodologie vertébrale et les résultats étonnants qu’il avait déjà obtenus sur de nombreux patients.

 

Le professeur, dont la carrière était au firmament, aurait pu, comme bon nombre, balayer cette approche d’un regard condescendant. Or, bien au contraire, cet homme qui était pourtant d’un abord assez hermétique, s’est piqué spontanément de curiosité pour les recherches de mon père, et l’a mis au défi de passer un examen devant experts, dans son propre service.

 

C’est ainsi que la méthode exclusive de Réalignement vertébral a fait l’objet d’une cession de validation et retenue toute l’attention de plusieurs neuro-chirurgiens convoqués dans le service du professeur Allègre en 1982, à l’hôpital Neurologique de Bron.

 

Cet examen, visait en priorité à évaluer les compétences de mon père, son niveau de connaissance, ainsi que la fiabilité et l’efficacité de cette nouvelle méthode, inconnue du monde médical.

 

Durant cette session, 6 cas lui ont été soumis, dont le premier était un homme qui présentait une double hernie discale avec sténose lombaire, c’est-à-dire rétrécissement du canal médullaire.

Ce patient qui était préparé pour l’opération et pouvait à peine se mouvoir sans l’aide d’autrui, n’a au final jamais subi d’intervention chirurgicale. Suite à la séance de soin de mon père et en présence de tous les experts, il a pu se relever, marcher et même descendre des escaliers.

 

Après scrutation des moyens employés et des résultats obtenus, ainsi que des examens détaillés réalisés sur chaque patient traité, le groupe d’experts perplexes, mené par le Professeur, a conclu que cette méthode était d’une précision et d’une sûreté rare et exemplaire.

 

Comme l’a d’ailleurs très bien mentionné le Docteur Patrice Pierlucas, neuro-chirurgien et chef de clinique, qui comptait parmi les experts présents à cette cession de validation, la méthode O’dru, de Réalignement Vertébral, n’implique aucune manipulation en torsion sur la colonne, et ne peut occasionner aucune compression discale ou médullaire.

Elle n’a de plus aucun lien de parenté pratique avec l’ostéopathie, la chiropraxie ou même l’étiopathie.

 

Au vu des résultats obtenus, le professeur Allègre, soumis ensuite assez régulièrement de nombreux cas de patients à mon père, qu’il consulta pendant plusieurs années dans son service en tant qu’externe en neurologie, puis à sa retraite c’est le professeur lui-même qui venait apporter son éclairage complémentaire à mon père, au sein de son cabinet.

 

IL lui proposa même d’être rattaché au corps médical mais à la condition sine qua none de léguer tous les droits de son invention après son décès. Bien évidemment, mon père refusa, préférant rester libre et autonome de sa découverte et de son devenir, ce que le professeur compris et respecta tout à fait.

 

Mon père a collaboré pendant toute sa carrière avec de nombreux, spécialistes, neurologues, et chefs de cliniques, dont certains avec qui il a eu des échanges très réguliers.

 

Il a également été à l’initiative d’un comité scientifique présidé par le professeur en cardiologie Paul Touboul avec qui il a eu 9 ans d’étroite collaboration et d’échange amical.

Ce comité avait été créé dans le but d’apprécier et de débattre sur l’étendue du champ thérapeutique, de sa méthode, et des différents cas traités.

 

Vous trouverez en commentaire à ce sujet, le lien de mon site internet présentant quelques extraits des attestations et rapports des spécialistes qui ont collaboré avec mon père pendant toutes ces années.

 

Mais vous l’aurez compris, la rencontre avec Georges Allègre a vraiment marqué le début de cet épopée.

Ce professeur fut véritablement l’archétype même du mentor pour mon père, il avait la rigueur indéfectible de l’homme de science, tout en cultivant assez d’ouverture et de curiosité pour s’intéresser aux travaux d’un autodidacte et l’encourager dans ses découvertes.

 

Mon père a toujours exprimé beaucoup de reconnaissance envers le Professeur Allègre, pour l’implication spontanée qu’il a eu dans ses recherches pendant plus de 15 ans, et ce, jusqu’à son décès. Il a d’ailleurs vécu sa disparition, exactement, comme s’il perdait un membre de sa famille.

 

Pour avoir eu la chance de connaître ce professeur, je peux dire que c’était un très grand homme dans tous les sens du terme.

Il est des rencontres qui changent une vie, celle-ci en était une.

 

Au fil de ses 35 années d’exercice, Joseph-Marie n’a cessé de perfectionner sa méthode et son approche en se confrontant à un champ pathologique aussi foisonnant qu’une jungle.

Il a ainsi accumulé une connaissance empirique prodigieuse, en traitant une myriade de cas, du plus intrigant au plus désespéré.

il a consacré ENORMEMENT de temps, à comprendre les clés des mécanismes sous-jacents, des interactions entre la colonne et l’ensemble du corps.


Mon père a toujours mis un point d’orgue, à apporter toute son aide, à des personnes en situation irréversible, ou bien encore, en fin de vie.

 

Son approche de soignant était bien au-delà de la conception humaniste, c’était un homme de Foi, mon père était un grand croyant dans le sens NOBLE du terme.

Sa dimension de cœur était à l’image de son idéal spirituel.

Il avait un véritable sacerDOCE laïque du soin, et de l’aide à autrui, qui raisonnait TELLEMENT plus fort, que nombre de religieux, prêtres, moines ou sœurs, à qui il a dispensé des soins gratuits pendant des années.

 

Je peux dire en l’ayant vécu au quotidien qu’il vivait, et exerçait son métier comme on accomplie une mission humanitaire, et cela le nourrissait pleinement.

 

Il était lévité par ce geyser de passion, à tel point qu’il ne quantifiait ni son temps ni son énergie, et recevait des patients sur une plage horaire qui s’étalait de 11h jusqu’à minuit !

 

Sa salle d’attente était, comme nombre de ses patients aiment à le rappeler, un véritable lieu d’échange entre des personnes de tout horizon, de toutes générations, de toutes origines, qui avaient plaisir à narrer leurs propres cas, leur vécus et tous les résultats et les guérisons obtenues.

 

Il ne soignait pas seulement avec ses mains et son intellect il soignait surtout avec son cœur

Mon père avait fait SON FER de lance, du combat contre la souffrance

C’est pourquoi j’aime dire que Mon père était un véritable Guerrier du Graal.

 

 

A mon père avec tout mon amour

 

Emanuelle O’dru